Affichage des articles dont le libellé est BRÈVE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BRÈVE. Afficher tous les articles

lundi 27 avril 2009

Quand le cinéma rencontre les droits de l’Homme au Festival international du film d’Istanbul.


« Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout », a dit un jour Jean-Luc Godard. Le Conseil de l’Europe, dont les objectifs sont entre autres la promotion des droits de l’Homme et la recherche de solutions communes aux problèmes de société, comme l’intolérance, la discrimination, la violence, a trouvé un vecteur privilégié pour s’ouvrir à un large public : le cinéma.

Le 28ème Festival international du film d’Istanbul, créé en 1982, s’est déroulé du 4 au 19 avril 2009. Depuis 1985, lors de ce Festival, est décerné le prix de la tulipe d’or « Altın Lale » aussi bien à des films en compétition dans différentes catégories (meilleur film étranger ou meilleur film turc) qu’aux réalisateurs et aux acteurs. Depuis 2007, le Conseil de l’Europe décerne un nouveau prix lors de la cérémonie de clôture du Festival : le prix FACE. Une sculpture en bronze (création « spirale de l’élévation » de Freddy Ruhlman) et une somme de 10 000 euros financée par Eurimages (fond du Conseil de l’Europe pour l’aide à la coproduction, à la distribution et à l’exploitation d’œuvres cinématographiques européennes) récompensent les lauréats de ce prix. Les membres du jury, qui composent la section des droits de l’Homme du Festival, récompensent un réalisateur qui sensibilise le public aux questions des droits de l’Homme et contribue à en faire comprendre l’importance. Ainsi, dans une ville construite sur deux continents, le Festival international du film d’Istanbul et le Conseil de l’Europe allient culture et droits de l’Homme, et contribuent par là même à cette mission de diffusion d’information et de promotion au plus grand nombre.

En avril 2007, le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe en personne a décerné ce prix au réalisateur mauritanien, Abderrahmane Sissako, pour son film «Bamako» qui montre que «l’égalité, le plein respect des droits de l’Homme et la participation active des citoyens ordinaires sont nécessaires pour garantir la justice sociale et le développement social et économique». En avril 2008, la Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, Madame Maud de Boer-Buquicchio, a récompensé cette fois le réalisateur, Li Yang, pour son film «Blind Mountain».

Parmi les 10 films en compétitions cette année, le réalisateur, Marco Berchis, a reçu le prix FACE pour son film «Birdwatchers». Selon le jury : « Dans un monde dont les frontières ne cessent de reculer, le respect des populations autochtones et des minorités est essentiel. Le film Birdwatchers véhicule ce message(…) ». De plus, un prix spécial du jury a été décerné à Nandita Das, pour son film «Firaaq», qui traite de l’intolérance religieuse et des querelles sectaires. Cette initiative fait donc particulièrement la promotion de films qui traitent de questions sensibles comme l’intolérance, les minorités, la discrimination envers les femmes, l’égalité de droit…

Bilgehan ERCOK

samedi 22 novembre 2008

Attentat contre l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan


L’oléoduc Kirkouk-Ceyhan a été fermé, suite à un attentat survenu en début de soirée, le 21 novembre 2008, dans le secteur de Midyat (province de Mardin – Sud-est de la Turquie). Les autorités turques ont attribué cet attentat à des rebelles kurdes.

Ce pipeline d’une longueur de 970 km, dont l’ouverture remonte à 1976, relie les champs pétrolifères de Kirkouk et de Mossoul, en Irak du nord, au port turc de Ceyhan, sur la méditerranée (sud-est de la Turquie). Sa capacité globale théorique d’évacuation de 30% du pétrole irakien est très réduite depuis une quinzaine d’années par la situation de guerre existant en Irak. De surcroît, son fonctionnement a été régulièrement affecté par des incidents techniques. Le 5 novembre dernier, une explosion due à un phénomène de surpression s’était encore produite sur un tronçon situé aux abords de Şanlı Urfa et avait provoqué une importante fuite de pétrole, faisant craindre la pollution du lac du barrage Atatürk, situé à proximité.

L’attentat, qui a touché l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan, le 21 novembre 2008, risque de relancer les supputations sur les capacités de la Turquie à être la plaque tournante énergétique qu’elle entend devenir pour tirer profit de la situation chaotique au Moyen-Orient, et des pressions énergétiques que la Russie exerce sur ses fournisseurs centre-asiatiques ou sur ses clients occidentaux. Point d’aboutissement de cet oléoduc, Ceyhan, en effet, est aussi celui du fameux pipeline BTC, Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui est entré en service en mai 2006 et qui permet l’évacuation des pétroles de la Caspienne. Long de 1800 km, le BTC, qui a été préféré par les Américains à des évacuations via l’Iran ou la Russie, revêt une importance stratégique et symbolique majeure. On se souvient de l’émoi provoqué par l’incendie survenu, l’été dernier, au niveau de sa station de pompage de Refahiye (province d’Erzincan dans l’est de la Turquie). Cet incident, revendiqué par le PKK, avait pourtant été attribué à des problèmes techniques par les autorités turques et avait entrainé l’arrêt du fonctionnement du BTC pendant le mois d’août 2008. Entretemps la guerre russo-géorgienne avait fait surgir des craintes nouvelles sur la sûreté de ce tracé.

D’une portée réduite, l’attentat de Midyat survient néanmoins après plusieurs alertes et incidents sur des tracés énergétiques en Turquie, alors même que le PKK a menacé de s’en prendre à des cibles économiques. Dans le contexte des tensions qui affectent les provinces kurdes du sud-est de la Turquie, depuis plusieurs semaines, en avivant les interrogations sur la sécurité des nouveaux couloirs énergétiques turcs, la répétition de ce type d’incidents peut à terme entamer aussi l’argument stratégique que constitue pour Ankara l’atout énergétique, dans ses négociations d’adhésion avec l’UE.
JM

mardi 28 octobre 2008

La plateforme «Blogspot» («Blogger») interdite pendant 3 jours en Turquie.


Du 25 au 28 octobre dernier, l’accès à la plateforme de blogs de Google, «Blogspot», a été bloqué en Turquie. Cette décision a eu pour effet d’empêcher, pendant 3 jours, nos lecteurs turcs d’accéder au Blog de l’OVIPOT, comme aux millions d’autres Blogs hébergés par «Blogspot», qui est actuellement le premier gestionnaire de blogs au monde. «Blogspot» avait été condamné par un arrêt de la première chambre criminelle de Diyarbakır, en date du 20 octobre 2008, référencé sous le numéro 2008/2761. On ne connaît pas encore les raisons exactes de cette condamnation et il semble que le juge n’ait pas mesuré toute la portée de sa décision… C’est regrettable car, eu égard à l’importance de «Blogspot», c’est en fait une très large atteinte qui était en l’occurrence portée à la liberté de «bloguer» et donc à une forme contemporaine essentielle de la liberté d’expression. Les journaux turcs de ce début de semaine ont rapidement fait état de protestations virulentes émanant non seulement d’ONG ou d’associations d’usagers, mais aussi de citoyens subitement empêchés d’accéder à un moyen de communication couramment utilisé actuellement pour échanger des photos, des vidéos, des informations, des impressions, des analyses ou des recettes de cuisine.

Après l’interdiction de la plateforme d’échanges de vidéos, «You-Tube», dénoncée avec fracas par le prix Nobel, Orhan Pamuk, lors de la Foire du Livre de Francfort, le maintien de la décision de la Cour de Diyarbakır d’interdire «Blogspot» aurait achevé de reléguer la Turquie au rang des pays les moins développés de la planète en terme de communication et risquait même de la faire entrer dans la liste encore plus restreinte des pays ennemis d’Internet. Il serait intervenu de surcroît au pire moment, puisque la Commission européenne doit rendre dans quelques jours son rapport d’évaluation annuelle de la candidature turque.

C’est pourquoi, beaucoup d’observateurs pensaient qu’une telle interdiction ne serait pas tenable et que la raison finirait par prévaloir rapidement. Mais si «Blogspot» est à nouveau accessible en Turquie, le problème du rapport particulièrement difficile que les juges de ce pays entretiennent avec Internet n’est pas réglé pour autant, car d’autres interdictions continuent de nourrir de la manière la plus déplorable qui soit, une sorte d’exception turque en matière d’information et de communication. Il faut espérer que la toile turque sera bientôt libérée des trop fréquents écrans d’interdiction (notre photo) que l’internaute y rencontre et que l’affaire «Blogspot» aura démontré, une bonne fois pour toute, le caractère illusoire de ces pratiques d’un autre âge.
JM

mercredi 22 octobre 2008

Séminaire sur la République en Turquie et en France, les 23 et 24 octobre 2008, à Istanbul.



Dans le cadre des manifestations organisées par la Présidence Française de l’Union Européenne en Turquie, l’Institut européen de l’Université de Bilgi, l’Institut Français d’Études Anatoliennes (IFEA) et l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble (IEPG) organisent, les 23 et 24 octobre 2008, un séminaire sur « la République en Turquie et France » qui se tiendra sur le nouveau campus « SantralIstanbul » (amphithéâtre E1-301).
Ce séminaire sera solennellement ouvert par le Recteur de l’Université de Bilgi, Aydın Uğur, la Directrice de l’IFEA, Nora Şeni, et l’Ambassadeur de France, Bernard Émié. Deux invités d’honneur interviendront également : Yaşar Yakış (Président de la Commission parlementaire d’harmonisation Turquie-UE et du Groupe interparlementaire d’amitié France-Turquie de la Grande Assemblée Nationale de Turquie) et Hubert Haenel (Président de la Commission des affaires européennes au Sénat français).

La première partie du séminaire (le 23 octobre 2008) procèdera d’abord à une analyse comparative de la notion de République, tout d’abord, dans un cadre turco-français, ensuite, dans un cadre européen. Elle verra intervenir notamment : Şule Kut, Professeur à l’Université de Bilgi (Istanbul), Ibrahim Kaboğlu, Professeur à l’Université de Marmara (İstanbul), Olivier Ihl, Professeur de Science Politique et Directeur de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Grenoble, Nicolas Monceau, Docteur en Science politique, chargé de conférences à l'IEP de Grenoble, Ayhan Kaya, Directeur de l’Institut Européen de l’Université de Bilgi (Istanbul), Nicos Sigalas, chercheur à l’IFEA, Joerg Baudner, Maître de conférences à l’Université de Bilgi (Istanbul), Soli Özel, Professeur au département de relations internationales de l’Université de Bilgi (İstanbul) et Henri Oberdorff, Professeur à l’Université Pierre Mendes France de Grenoble (ancien Directeur de l’IEP de Grenoble).

La seconde partie du séminaire (le 24 octobre 2008) s’intéressera tout d’abord à des problèmes concrets auxquels sont confrontées les deux républiques (traitement de l’Histoire, enseignement, port du voile, laïcité…) avant d’en venir aux questions de citoyenneté et de migrations. Cette seconde partie verra intervenir notamment Alexandre Toumarkine, Secrétaire scientifique de l’IFEA, Jean Marcou, Responsable de l’OVIPOT à l’IFEA, Professeur à l’Institut d’Études Politiques de Grenoble, Fazıl Sağlam, Professeur à l’Université de Maltepe (Istanbul), Recep Kaymakcan, Professeur à l’Université de Sakarya, Jean-Paul Burdy, Maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, Ferhat Kentel, Professeur de Science politique à l’Université de Bilgi, Riva Kastoryano, Directeur de recherche au CERI-Sciences Po (Paris), Ayhan Kaya, Directeur de l’Institut Européen de l’Université de Bilgi (Istanbul) et Brigitte Jelen, Maître de conférences à l’Université de Kültür (Istanbul).

L’accès à ce séminaire est libre, il n’est donc pas nécessaire de s’inscrire. Tout le monde est cordialement invité.

samedi 17 mai 2008

Sortie de l’ouvrage de Jean-Paul Burdy et Jean Marcou, « La Turquie à l’heure de l’Europe ».


Paru dans la collection «Le Politique en plus» des Presses Universitaires de Grenoble, cet ouvrage présente les grands enjeux de la Turquie, au moment même où la question de sa candidature à l’Union européenne est plus que jamais débattue. Après un rappel des articulations historiques à l’origine de la Turquie contemporaine (réformes ottomanes, période kémaliste), il analyse le système politique (institutions et partis, recherche de l’Etat de droit, devenir de la laïcité et place de l’armée), et le paradoxe qui veut que l’AKP, parti issu de la mouvance islamiste turque mène, depuis 2002 une politique de réforme et d’ouverture, tout en faisant de l’adhésion à l’UE sa priorité. Insistant sur la relation avec l’Occident et plus particulièrement avec l’Europe, il replace la politique étrangère turque dans son contexte régional (relations avec la Grèce, le monde arabe, l’Asie centrale, question kurde…) et international, compte tenu de la position stratégique de ce pays aux confins de l’Europe, du Caucase et du Moyen-Orient. L’ouvrage insiste enfin sur les profondes mutations en cours dans la société turque (identités et religions, situation des femmes, éducation, médias, culture) dans le contexte de son ouverture à l’Europe et à la mondialisation.

Les auteurs
Maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble et co-animateur du groupe d’Etudes Turquie-Europe (GRETE) du laboratoire CNRS-PACTE de Grenoble, Jean-Paul Burdy a récemment dirigé «Les mots de la Turquie» (Editions du Mirail, Toulouse, 2006) et publié «La Turquie est-elle européenne ?» (Editions Turquoise, 2005).
Professeur de droit public à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, Jean Marcou est actuellement pensionnaire scientifique à l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA) d’Istanbul où il est responsable de l’OVIPOT. Il a notamment participé à l’ouvrage dirigé par Semih Vaner, «La Turquie» (Editions du Seuil, Paris, 2005) qui vient d’être traduit en turc, et vient de publier «L’Égypte contemporaine» (Ed. Le Cavalier bleu, collection «Idées reçues», Paris, avril 2008).

Contenu de l’ouvrage
Articulé autour de cinq chapitres, traitant du contenu que l’on vient d’évoquer, l’ouvrage s’achève par une conclusion évoquant les plus récentes et symboliques mutations littéraires, cinématographiques et musicales turques.
Chapitre 1 : Les héritages ottomans et la construction de l’Etat-Nation turc contemporain.
Chapitre 2 : La démocratie turque contemporaine en question.
Chapitre 3 : Du choix de l’Occident au choix de l’Europe.
Chapitre 4 : La Turquie dans son environnement régional.
Chapitre 5 : De profondes mutations sociétales et culturelles.
Conclusion : La Turquie : des textes, des images et des sons.

Contact
Presses universitaires de Grenoble (PUG)- BP 47 – 38040 Grenoble Cedex 9 – www.pug.fr

Vente
«Jean-Paul Burdy et Jean Marcou, La Turquie à l’heure de l’Europe, PUG, 2008, 192 pages» est en vente en librairie ou en ligne (PUG, FNAC, Amazone…). Prix : 18€

mercredi 16 janvier 2008

Tabac : en Turquie aussi !


Le Parlement turc a adopté au début du mois de janvier une loi, qui interdit de fumer dans les administrations, les lieux de travail et même les lieux publics, comme les cafés et restaurants. Ainsi la Turquie entend se mettre au diapason de la législation européenne, qui a entrepris de bannir définitivement le tabac des lieux publics. En France, l’interdiction de fumer dans les bars, cafés, discothèques et restaurants, qui est entrée en vigueur au début de l’année 2008, est venue clore une réglementation de plus en plus répressive, inaugurée dans les années 70. En Turquie, « boostée » par l’hostilité radicale au tabac du Premier Ministre, Recep Tayyip Erdogan, la croisade anti-fumeurs est menée de façon beaucoup moins progressive, dans la tradition d’un réformisme très volontariste ! En ces temps où la « révolution du chapeau » a tendance à se perdre dans les arcanes de la mémoire collective, celle du tabac est donc annoncée ! Y compris dans les propres rangs de sa majorité parlementaire, le Premier Ministre ne cesse de le clamer haut et fort : « gare aux enfumeurs ! ».

On connaît certes l’aptitude de la Turquie, depuis la période ottomane, à répercuter, dans son ordre juridique et social, les normes européennes ambiantes. Comme le disait Faruk Bilici, dans une interview publiée par ce blog, l’attrait de la « pomme rouge » est toujours d’actualité, à plus forte raison en cette période de relance des relations turco-européennes et même si, en l’occurrence, cette dimension politiquement correcte de l’européanisation risque de ne pas être une partie de plaisir pour beaucoup de citoyens et citoyennes turcs !

Il reste à savoir si, dans ce pays, qui est le cinquième producteur de tabac au monde, cette législation pourra être appliquée aussi facilement. Une enquête a révélé récemment qu’en Turquie, la moitié du corps médical est fumeur et que la plus grande partie des agents publics, qui seront chargés de faire respecter la loi, l’est également. Mais il est vrai que le réformisme radical peut aussi produire des résultats surprenants. Il suffit d’observer la propreté des couloirs du métro pour s’en rendre compte. Il faut dire que la tentative d’y allumer une cigarette provoque une intervention immédiate des forces de sécurité.

La loi qui instaure de fortes amendes et qui a décidé finalement de supprimer les zones fumeurs dans les cafés-restaurants, a néanmoins prévu une période d’adaptation de 18 mois. Il n’en demeure pas moins qu’elle constitue un véritable défi pour une société où 40% des hommes et 20% des femmes fument !
JM

jeudi 9 août 2007

Et de sept !


Un de nos lecteurs nous l’a tout de suite signalé, Muhsin Yazicioglu, le leader du BBP (Büyük Birlik Partisi – Parti de la Grande Union) élu « bagimsiz » à Sivas vient de réintégrer sa formation d’origine. Il y a donc un septième parti représenté au Parlement.

Parti d’extrême droite ultranationaliste et religieux, le BBP a été impliqué dans l’enquête sur l’assassinat de Hrant Dink puisque plusieurs des responsables de sa Section de Trabzon (provisoirement fermée) ont été arrêtés et auditionnés. Il s’appuie notamment sur une idéologie fortement inspirée par la synthèse turco-islamiste et largement dominée par une victimisation permanente pointant du doigt les « menaces » qui mettraient en péril la Turquie contemporaine. Au premier rang des « menaces » dénoncées, figurent notamment les minorités chrétiennes, en particulier les Arméniens. L’organisation de jeunesse de ce parti, les « Alperen Oçaklari », s’était illustrée au moment de la visite du Pape à Istanbul, en décembre 2006, en entrant par surprise dans le musée de Sainte-Sophie pour y faire symboliquement la prière.

Avec cette nouvelle affiliation partisane, la composition de la Grande Assemblée Nationale, qui s’apprête à élire son Président, est donc la suivante : 341 AKP, 99 CHP, 70 MHP, 20 DTP, 13 DSP, 1 ÖDP, 1 BBP, 4 Indépendants, 1 siège vacant. Toutefois, seuls quatre groupes parlementaires (AKP, CHP, MHP, DTP) ont pu être constitués à ce jour puisque, selon la Constitution (art. 95), il faut au moins 20 députés pour former un tel groupe.

mardi 31 juillet 2007

Affiches de sortie de campagne…


Décidément le leader de l’AKP connaît tous les artifices de la communication politique. Une semaine après son large succès lors des élections législatives anticipées, il vient de se lancer dans une campagne d’affichage pour remercier ses électeurs. « Tesekkürler Türkiye ! Nice Ak Yillara ! (Merci Turquie ! Encore combien d’années de lumière !) » proclame une grande affiche reprenant le design de celles qui avaient marqué la campagne mais cette fois avec une dominante de rouge et de blanc (les couleurs nationales turques) alors même qu’auparavant le jaune et le bleu étaient de rigueur.
Pour le CHP et son leader, Deniz Baykal, les temps sont plus durs ! En guise d’affiche de fin de campagne, ils doivent se contenter d’un plagiat de leurs placards publicitaires… Un Deniz Baykal déconfit nage vers Rhodes (comme il s’y était engagé s’il perdait les élections). Reprenant le slogan de l’AKP « Durmak Yok, Yolla devam ! (Ne pas s'arrêter, continuer la route !)», le plagiat en question propose « Durmak Yok , yüzmeye devam ! (Ne pas s’arrêter, continuer à nager) ». Quant au slogan du CHP, « Simdi, CHP zamani, (Maintenant c’est le moment du CHP) », il devient comme il se doit : «Simdi Yüzme zamani, (Maintenant c’est le moment de nager ! »)

vendredi 20 juillet 2007

Le CHP « dans le collimateur » de l’Internationale Socialiste…


Sur la base d’un rapport rédigé par son Comité d’Éthique, le Conseil de l’Internationale Socialiste (IS) réuni le 30 juin 2007 à Genève a approuvé la mise en place d’une procédure de contrôle à l’encontre du CHP (Parti Républicain du Peuple), principal parti d’opposition en Turquie. Ce rapport, adopté à l’unanimité, réclame en effet une enquête pour contrôler l’attachement du CHP aux principes de la démocratie. Une délégation de l’Internationale visitera donc la Turquie au début du mois d’août, après les élections législatives anticipées du 22 juillet, pour rencontrer les principaux responsables du parti. Cette décision n’est pas anodine : le CHP risque en effet une exclusion de l’Internationale, réclamée par bon nombre des membres de cette organisation, qui estiment que la « rhétorique nationaliste » du parti, son soutien à l’article 301 ou ses atteintes répétées aux principes de base de la « social-démocratie », constituent une sérieuse violation des normes démocratiques universelles. Ceux-ci ont été particulièrement embarrassés par le soutien tacite apporté par le CHP à la « déclaration de minuit » le 27 avril dernier, lors de l’échec du processus d’élection présidentielle, que de nombreux observateurs fiables ont analysé comme une intervention militaire à peine déguisée dans la vie politique turque. Anne Ludvigsson, députée suédoise membre de l’IS, a notamment déclaré : « J’espère que le CHP sera exclu, et la Suède votera certainement en ce sens ». Cette opinion est partagée par un certain nombre de personnes en Turquie, au sein de la société civile. Une pétition émanant d’associations et de personnalités réclame notamment l’exclusion du CHP de l’Internationale Socialiste. Quant à Deniz Baykal, secrétaire général du CHP et vice-président de l’Internationale depuis 2003, il estime que l’exclusion de son parti n’est pas à l’ordre du jour. Selon lui, il ne s’agit que d’allégations émanant de « cercles » hostiles au CHP en Turquie.
Marine Copin

mercredi 18 avril 2007

Le patronat entre en campagne


Aux réserves de “l’establishment juridico-militaire” et à la manifestation populaire de samedi dernier, s’est ajouté un nouvel obstacle sur la route du Premier ministre vers Çankaya… Dans un programme diffusé aujourd’hui conjointement sur NTV et CNBC, la Présidente de la TÜSIAD (organisation du grand patronat turc), Madame Arzuhan Dogan Yalçındag, a émis de fortes réserves sur la candidature éventuelle de Recep Tayip Erdogan à la Présidence de la République, en expliquant longuement que l’hôte de Çankaya devait être une personnalité de compromis. D’après Madame Yalçındag, faisant ici directement allusion à la récente manifestation fleuve de protestation contre la possible candidature du Premier Ministre, un Président qui n’aurait pas l’assentiment populaire conduirait « à moyen terme à une crise politique et économique ». Toutefois, rappelant les acquis du gouvernement de l’AKP en matière économique et s’exprimant dans un langage des plus diplomatiques, la Présidente de la TÜSIAD a finalement laissé entendre que l’actuel Premier Ministre serait « raisonnable » et qu’il ne poserait probablement pas sa candidature.
Fondée le 2 août 1971 par quatorze hommes d’affaires et industriels turcs, la TÜSIAD réunit aujourd’hui plus de 500 membres qui comptent parmi les personnalités économiques les plus influentes de Turquie. L’opinion de cette association patronale, militant depuis toujours pour l'adhésion de la Turquie à l’Europe, n'est donc pas sans importance.
Cette nouvelle prise de position, après celles du YÖK et du chef d’Etat major notamment, semble confirmer que toutes les instances susceptibles de peser sur le débat politique se mobilisent actuellement dans le contexte d'une campagne qui devient de plus en plus tendue. En outre, il faut voir que cette déclaration intervient au mauvais moment pour Recep Tayyip Erdogan. Il semble en effet que ce dernier n’ait pas obtenu de l’ANAP et du DYP l’engagement de leur participation au premier tour de l’élection. Cette participation est pourtant nécessaire pour satisfaire au quorum des 367 voix qui, selon certains constitutionnalistes, est une condition « sine qua non » de l’ouverture de l’élection.
Emel Kaba

samedi 7 avril 2007

Le Conseil d'Etat turc s'oppose à la prohibition rampante de l'alcool



Le Conseil d’Etat (Danistay), l’une des institutions turques les plus anciennes, fondées sur le modèle français de juridiction administrative pendant les réformes ottomanes du XIXe siècle, a annulé, le 2 avril dernier, un décret gouvernemental qui permettait aux municipalités de restreindre la vente d’alcool. Ce texte, qui avait provoqué une polémique lors de sa publication en octobre 2005, apparaissait à certains comme la preuve d’une volonté de réislamisation rampante de la société par le gouvernement de l’AKP. Il autorisait notamment les mairies à créer des « zones rouges » pour les restaurants et les bars vendant de l’alcool, recoupant par là même l’attitude de certaines municipalités AKP qui, sous le prétexte de protéger la santé et la salubrité publiques (en particulier la jeunesse) des méfaits de l’alcool, tentent depuis plusieurs années d’installer les débits de boisson hors du centre de leurs villes. Saisie par un recours du barreau d’Ankara, la juridiction administrative turque suprême, a donc considéré que ce type de restriction était illégal, car il risquait d’isoler les établissements qui vendent des boissons alcoolisées hors de la vie urbaine où la consommation d’alcool est pourtant d’usage courant.
Pays musulman, en effet, la Turquie est aussi le pays du « Raki », un alcool anisé qui accompagne souvent le repas. À la différence des pays arabes, la consommation d’alcool y est ainsi habituelle. On trouve vins, bières, whiskys et la plupart des autres types de boissons alcoolisées non seulement dans les restaurants ou les cafés mais aussi dans les supermarchés et les magasins d’alimentation ordinaire. On a même noté au cours des dernières années une diversification de la production (accroissement du nombre des marques turques de « Raki », de bières et de vins) et une amélioration de la qualité de la consommation (développement de magasins spécialisés, multiplication de nouveaux crus viticoles, diversification des importations).

lundi 19 mars 2007

Vous aimez le blog de l’OVIPOT, vous allez adorer le site de l’OVIPOT !


Depuis quelques jours, le site de l’OVIPOT est ouvert ! Soyez donc parmi les premiers le consulter en vous rendant à l’adresse suivante : http://www.ovipot.net
Ce site, conçu par les chercheurs de l’OVIPOT pour vous permettre une meilleure connaissance de la Turquie contemporaine, vous propose notamment un édito mensuel d’actualité et une mini-encyclopédie sur le système politique turc. Vous y trouverez une série de rubriques évoquant aussi bien l’architecture constitutionnelle et les institutions politiques de la Turquie que ses hommes politiques, ses collectivités territoriales ou sa politique étrangère.
Le site offre également une information sur les colloques, les séminaires et les publications. Il permet enfin de télécharger des archives qui seront progressivement mises en lignes.
Quant au blog, désormais accessible également à partir du site, il continuera à vous livrer des analyses et des informations régulières sur un pays en pleine mutation dont les évolutions actuelles méritent d’être connues et discutées.
À bientôt, sur le site de l’OVIPOT (http://www.ovipot.net) !

jeudi 8 mars 2007

Mois de la femme sur Istiklâl.






À ne pas manquer si vous passez par Taksim ! Dans le sillage de la journée de la femme, le 8 mars 2007, Istiklâl Caddesi, sur toute sa longueur de Taksim à Tünel, accueille une exposition géante de photos de femmes du monde entier réalisées par des photographes turcs ! Intitulée "Kadin : Imaj ve Gerçek", l'exposition se tient sur la très passante avenue piétonne du centre d'Istanbul jusqu'au 31 mars 2007. Elle est organisée par le Centre de coordination des Femmes (Kadin Koordinasyon Merkezi - KKM) de la Municipalité Métropolitaine d'Istanbul (Istanbul Büyüksehir Beldiyesi - IBB) avec le soutien du magazine géographique ATLAS.

mercredi 21 février 2007

Fin du procès des auteurs des attentats de 2003 à Istanbul


En novembre 2003, deux synagogues avaient été frappées à Istanbul par des attaques suicide à la voiture piégée avant que le Consulat du Royaume-Uni et une succursale de la HSBC soient à leur tour la cible du même genre d’agression, quelques jours plus tard. Ces attaques avaient fait au total plus de 60 morts dont le Consul britannique. Revendiquées par une cellule turque d’Al Qaïda, elles étaient apparues alors comme partie intégrante de la vengeance promise par Oussama Ben Laden aux pays alliés des Etats-Unis.
Le long procès qui s’est terminé, vendredi 16 février 2007, à Besiktas, par la condamnation à la prison à vie de 7 des 74 personnes qui étaient inculpées (41 autres se voyant infliger des peines d’emprisonnement de durée variable), n’a pas permis de faire toute la lumière sur cette affaire et en particulier de comprendre les mobiles et la structuration du réseau islamiste qui en avait été le cerveau. Marqué par de nombreux incidents de procédure, ce procès s’est focalisé sur un Syrien, Luai Al-Saqa, que les autorités britanniques soupçonnent par ailleurs d’être impliqué dans l’enlèvement de l’ingénieur Kenneth Bigley en Irak, en 2004, et sur un turc, Harun Ilhan, qui a justifié ses actes par un rejet radical du régime kémaliste.

mardi 20 février 2007

Mare Nostrum !


Dans un discours prononcé le 7 février dernier à Toulon, le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy, a estimé que la France devait prendre, avec les autres pays méditerranéens de l’UE (l’Italie, l’Espagne, la Grèce et Chypre), l’initiative de proposer la création d’une Union méditerranéenne sur le modèle de l’Union européenne créée il y a un peu plus d’un demi-siècle. Plaidant pour le « pardon » et la « réconciliation » des deux rives de la Méditerranée, afin de cesser « de ressasser le passé et les vieilles haines », il a expliqué que cette Union aurait vocation à « travailler étroitement » avec l’UE et à avoir un jour des institutions communes avec elle.
Réaffirmant que la Turquie n’avait « pas sa place dans l’Union Européenne », il a voulu montrer qu’il y avait là une solution enviable pour elle. "C'est la grande ambition commune que je proposerai à la Turquie : être le pivot d'une nouvelle alliance, d'une nouvelle Union méditerranéenne", a-t-il notamment déclaré.
La nouvelle Union Méditerranéenne, tout d’abord, pourrait organiser des rencontres régulières de chefs de gouvernement sur le modèle du G8. Elle aurait, d’autre part, un Conseil de la Méditerranée et un système de sécurité collective. Elle reposerait, enfin, sur quatre piliers : la régulation de l’immigration, la préservation de l’environnement, le co-développement et la coopération contre le crime organisé.
Toutefois, eu égard aux difficultés rencontrées par le partenariat euro-méditerranéen qui, lancé en 1995, lors de la conférence de Barcelone, a bien du mal à trouver aujourd’hui un second souffle, il n’est pas sûr que le projet du candidat de l’UMP parvienne à séduire tant la Turquie que le monde arabe.

jeudi 15 février 2007

Pierre Loti versus Eyüp Sultan !


Comme nous l’avions pressenti dans un article publié hier (Eyüp Sultan versus Pierre Loti), le Conseil du Grand Istanbul a finalement refusé d’entériner le changement de nom de la colline où se trouve le Café Pierre Loti. Cette photo prise le 21 janvier dernier, c'est-à-dire plus de 3 semaines avant que le scandale éclate, montre la multiplicité des étiquettes en vigueur sur ce même lieu (Colline d'Eyüp Sultan, Mosquée Kasgari, Café Pierre Loti, Établissements Aziyade). C'est donc encore plus compliqué qu'on le pensait et il sera intéressant de voir ce que devient cette pancarte !

mercredi 14 février 2007

Eyüp Sultan versus Pierre Loti !


La municipalité d’Eyüp, au fond de la Corne d’Or à Istanbul, vient de faire disparaître incidemment Pierre Loti du paysage stambouliote ! Le conseil municipal d’Eyüp, en effet, vient de donner le nom « d’Eyüp Sultan » à la colline où se situe le célèbre café de l’écrivain français, amoureux inconditionnel de la Turquie, comme chacun sait.
Grâce à l’assainissement des eaux de la Corne d’Or, à la restauration du chemin montant au café et à la construction d’un funiculaire qui aboutit à une plate-forme de laquelle on peut jouir de l’une des plus belles vues sur la ville, ce lieu, habituellement connu à Istanbul par les chauffeurs de taxi et les vendeurs de souvenirs, sous le nom de « Piyer Loti », a été magnifiquement rénové au cours de la dernière décennie. Pourtant, depuis une quinzaine de jours, avant même la décision officielle qui fait aujourd’hui scandale, une pancarte indique au bas du funiculaire : « Eyüp Sultan Tepesi » (colline d’Eyüp Sultan ).
Après la décision de son conseil municipal et les critiques virulentes qu’elle a provoquées, le bouillant maire AKP d’Eyüp, Ahmet Genç, a expliqué qu’il n’avait rien contre le romancier français mais qu’eu égard aux restaurations effectuées par son équipe, on devait considérer que le lieu avait été complètement transformé et, donc, que plus qu’un changement de nom, il s’agissait avant tout en l’occurrence de prendre en compte cette transformation.
L’événement n’est pourtant pas anodin. Disciple du Prophète, Eyüp Sultan est mort sous les remparts de Constantinople, en 670, à cet endroit qui a toujours été un lieu saint et où se situe une mosquée très visitée par des fidèles et des pélerains. Dès lors, la polémique enfle ! Pour les milieux laïques proches du CHP, cette décision est une preuve de plus des velléités rampantes de réislamisation et de « réottomanisation » de la société turque, qui sont celles des ex-islamistes de l’AKP. Certains rappellent d’ailleurs qu’Atatürk tenait Pierre Loti en grande estime et qu’il lui avait même fait envoyer un tapis en France. Ce conflit qui ravive la rivalité entre laïques et islamistes n’est pas sans rappeler celui qui concerne le statut de Sainte Sophie ou le projet de construction d’une Mosquée à Taksim.
Plus prosaïquement, les professionnels du tourisme s’inquiètent quant à eux des effets de cette décision intempestive sur leur clientèle occidentale. Mais certains habitants du quartier n’hésitent pas à se déclarer très satisfaits, estimant que ce nouveau nom leur permet de reprendre possession de leur cadre de vie et qu’ eu égard à l’état actuel des relations franco-turques, le nom d’un français n’est ici plus vraiment souhaitable. Nombre d’intellectuels font plus simplement observer que des noms de lieux chargés d’une telle histoire sont une sorte de mémoire commune de l’humanité qu’il convient de préserver des querelles partisanes et des tentations nationalistes.
Pour être définitive, la décision devra être toutefois confirmée par le Conseil municipal du Grand Istanbul et le Maire de la métropole, Kadir Topbas, bien qu’appartenant lui aussi à l’AKP, a déjà fait savoir que, de son point vue, un tel changement n’était pas opportun. Il y a donc encore une chance de pouvoir se donner rendez-vous … à « Piyer Loti » !

samedi 3 février 2007

Candidature de la Turquie à l’Europe : « Sarko » critiqué par les Américains, « Ségo » toujours sans opinion…

Le 14 janvier 2007, lors du congrès de l’UMP, qui l’a officiellement investi candidat du parti pour les présidentielles, avec 98,1 % des mandats, Nicolas Sarkozy a réitéré son opposition à la l’entrée de la Turquie dans l’UE. «Je demeurerai toute ma vie un européen convaincu. Mais je veux avoir la liberté de dire que l'Europe doit se doter de frontières, que tous les pays du monde n'ont pas vocation à intégrer l'Europe à commencer par la Turquie. A s'élargir sans limites on prend le risque de détruire l'union politique européenne, je ne l'accepterai pas » . Cette attitude a été vivement critiquée deux jours plus tard par Robert Wexler, le nouveau président de la sous-commission chargée de l'Europe au Congrès des Etats-Unis : « Je ne suis absolument pas d'accord avec lui. Sa conclusion semble un peu malhonnête intellectuellement. L'Union a fixé des critères d'adhésion, et a invité la Turquie à ouvrir des négociations. Quand M. Sarkozy dit que même si la Turquie remplit tous les standards, elle ne pourra pas rentrer, c'est une position inacceptable. Ce sont des propos de campagne qui ne sont pas constructifs. En Allemagne, Mme Merkel a dit qu'elle respectait le processus, même si elle n'est pas en faveur de l'adhésion. ».
Après la visite controversée qu’il avait fait à Georges Bush au cours de l’été dernier, on avait cru comprendre que l’une des priorités du candidat de l’UMP en matière de politique étrangère était l’amélioration des relations franco-américaines, en panne depuis l’affaire irakienne. Si jamais il était élu, la candidature turque, qui revêt pour les Américains une importance stratégique non négligeable, pourrait devenir une pomme de discorde gênante entre Paris et Washington au moment même où la France se retrouve quelque peu isolée au sein de l’Union Européenne tant sur la question turque que sur celle de la relance de l’adoption de la Constitution.
Ségolène Royal, pour sa part, a répondu aux questions de la journaliste Defne Barak dans une interview publiée par le quotidien «Hürriyet » (28 janvier 2007). Elle a expliqué qu’elle n’avait pas d’objection de principe à la candidature de la Turquie mais que l’Europe devait marquer une pause avant de se lancer dans un nouvel élargissement. Est-ce oui ou est-ce non ? Est-ce oui, est-ce non ? Comprenne qui pourra…