mardi 21 août 2007

Pas de surprise lors du 1er tour de l’élection présidentielle


Comme prévu, Abdullah Gül n’a pas été élu, lors du 1er tour de l’élection présidentielle qui a commencé à 15 heures, le 20 août 2007, dans l’hémicycle de la Grande Assemblée Nationale de Turquie. Crédité de 341 voix, le candidat de l’AKP n’a été soutenu que par son propre parti, tandis que le candidat nationaliste du MHP, Sabahattin Çakmakoglu obtenait 70 voix et le candidat du DSP (gauche démocratique) Hüseyin Tayfun Içli, 13 voix. 23 députés, probablement des indépendants ou des Kurdes du Parti pour une société démocratique (DTP), ont voté « blanc » et un vote a été invalidé. Les députés kémalistes du CHP ont à nouveau boycotté le scrutin mais dans la mesure où ils ne sont plus que 99 dans le nouveau parlement, cela n’a pas suffi pour empêcher que le quorum de présence nécessaire de 367 députés soit atteint.

Ce résultat n’est pas une surprise puisque, pour que Gül puisse obtenir la majorité des deux tiers lui permettant d’être élu dès le premier tour (article 102 de la Constitution), il aurait fallu qu’il parvienne à rallier non seulement les indépendants et les Kurdes (qui ne présentaient pas de candidats) mais aussi à « débaucher » des députés des autres partis présentant des candidats (MHP, DSP). À cette fin, le candidat de l’AKP n’avait pas ménagé sa peine, ces derniers jours, rendant visite non seulement aux formations politiques impliquées dans l’élection mais aussi aux syndicats, aux organisations patronales et plus généralement aux ONG représentatives des différents courants de la société civile. L’idée du candidat de l’AKP était, en l’occurrence, d’apparaître comme un candidat de rassemblement et son espoir était bien sûr de convaincre une trentaine de parlementaires indécis de franchir le pas et de voter pour lui.Une élection au premier tour d’Abdullah Gül aurait sans doute accentué la rupture politique qui est en cours depuis les élections législatives.

Pourtant, il semble bien que les jeux étaient faits depuis un certain temps déjà. Dès les lendemains des élections législatives, si la plupart des formations représentées au Parlement (à l’exception du CHP) avaient décidé de ne pas bloquer le processus démocratique en participant au premier tour, elles ne souhaitaient pas pour autant se rallier purement et simplement à la candidature du Ministre des Affaires étrangères. Il est donc probable que le deuxième tour, qui devrait se dérouler, vendredi 24 août, débouchera sur le même résultat et que l’élection de Gül sera acquise au 3ème tour (prévu pour le 28 août) à la majorité absolue.

Pour l’heure, c’est l’épouse d’Abdullah Gül et Sophia Loren qui disputent la une de la presse quotidienne au futur président. Hayrünnisa Gül pourrait, en effet, porter un voile inspiré de ceux étrennés par la célèbre artiste italienne dans les années 60. Il est sûr que le délai nécessaire à l’élection finale de son mari lui laisse actuellement tout le temps pour mettre la dernière touche à la préparation de sa tenue vestimentaire. Le couturier viennois d’origine turque, Atil Kutoglu, vient d’être chargé de redessiner l’ensemble de la garde robe de la future première dame du pays. Il faut que cette tenue puisse convenir « à tous, aux plus modernes comme aux plus conservateurs », a expliqué le créateur. Une tâche difficile ! Car, en l’occurrence, il ne s’agira pas de séduire quelques parlementaires récalcitrants mais également les tenants les plus rigides de « l’establishment », en particulier le Chef d’Etat major, le Général Yasar Büyükanit qui, tout en refusant de commenter récemment la candidature d’Abdullah Gül, a laissé entendre que les militaires pourraient désormais réserver leur participation aux réceptions officielles qui se tiendront à Çankaya… «Kolay Gelsin, Sayin Kutoglu !»
JM

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